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Anesthésiques locaux et méthémoglobinémie

Par crpv1Dernière modification 05/04/2017 16:04

La voie locale n’exclut pas un risque systémique !

Les anesthésiques locaux, en particulier l’association lidocaïne-prilocaïne (EMLAPATCH®, EMLA®, ANESDERM® et génériques), sont largement utilisés en ville comme à l’hôpital pour l’anesthésie par voie locale de la peau saine avant insertion de cathéters intraveineux ou avant des prélèvements sanguins ou des procédures chirurgicales superficielles.

        Ils sont souvent considérés sans risque, mais à tort !  Les anesthésiques locaux sont des agents méthémoglobinisants[1].

La lidocaïne et la prilocaïne ne dérogent pas à la règle et font l’objet de plusieurs cas cliniques de méthémoglobinémie pouvant être symptomatique, notamment avec l’association des deux (EMLA®, ANESDERM® et génériques), et plus particulièrement dans le cadre de surdosage résultant d’une erreur de prescription ou d’une mauvaise utilisation.

La méthémoglobine a une affinité supérieure pour l’oxygène que l’hémoglobine et sa présence diminue l’oxygénation tissulaire. Physiologiquement, 3% de méthémoglobine sont produits par jour et subissent une réduction enzymatique donnant un taux circulant inférieur à 1%.

Les anesthésiques locaux sont methémoglobinémiants par un de leurs métabolites qui a une structure proche de l’aniline[2]. Un taux supérieur à 15% de méthémoglobine a un retentissement clinique allant de la cyanose aux troubles de la conscience (45-55%), puis une défaillance circulatoire et des troubles du rythme (55-70%).

Shamriz et al. (2014)[3] ont décrit 14 cas cliniques d’intoxication par EMLA® avec des taux de méthémoglobine allant jusqu’à 32%, dont plusieurs cas chez des nouveau-nés (0-2 mois). Les nouveau-nés sont plus à risque du fait d’une plus grande absorption cutanée et d’une activité plus faible de la NADH-déshydrogénase, qui participe à la réduction de la méthémoglobine.

La base nationale de pharmacovigilance recense actuellement plusieurs notifications spontanées de méthémoglobinémie faisant suite à un mésusage de patches d’anesthésiques locaux, en relation avec un non-respect des recommandations de posologie du résumé des caractéristiques du produit ou une mauvaise compréhension de la prescription par les parents, conduisant parfois à l’hospitalisation de l’enfant.

Il est donc primordial de suivre les recommandations de posologie et de mode d’administration (surface exposée) lors de la prescription et l’utilisation des anesthésiques locaux, et de reconnaitre les premiers signes symptomatologique d’une méthémoglobinémie (cyanose, dyspnée, asthénie, céphalées...).

Rappel des posologies d'EMLAPATCH chez le nouveau-né et le nourrisson (selon le RCP)

    • Nouveau‑nés et nourrissons 0‑2 mois: Ne pas dépasser 1 patch pendant 1 heure.
    • Nourrissons 3‑11 mois : Jusqu'à 2 patches pendant 1 heure (sans dépasser une heure)                   

[1] Olson ML, McEvoy GK. Methemoglobinemia induced by local anesthetics. Am J Hosp Pharm 1981; 38: 89-93

[2] Martindale (38ème édition, 2014)

[3] Shamriz O, Cohen-Glickman I, Reif S, Shteyer E. Methemoglobinemia induced by lidocaine-prilocaine cream. Isr Med Assoc J. 2014 Apr; 16(4):250-4.


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