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Hyponatrémie médicamenteuse: les neuroleptiques aussi

Par crpv1Dernière modification 16/07/2010 17:28

L’hyponatrémie médicamenteuse est un effet indésirable classique lors des traitements par antidépresseurs tricycliques et par les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS)1.

Qu’en est-il des neuroleptiques ?

 

L’utilisation de médicaments psychotropes peut être responsable de l’apparition d’un « syndrome de sécrétion inapproprié de l’hormone antidiurétique » (SIADH)2.

Ce syndrome se caractérise par la sécrétion constante d’hormone antidiurétique conduisant à une rétention importante d’eau. Cette rétention est liée à l’incapacité du rein à éliminer l’eau ingérée ou perfusée. Il en résulte une hyponatrémie dite « de dilution ».

 

La baisse de l’osmolarité plasmatique crée un gradient osmotique entre les compartiments extra- et intracellulaires : l’eau est transférée du milieu le plus dilué (le plasma) vers le milieu le moins dilué (le milieu extracellulaire)3. Ceci explique que les formes graves d’hyponatrémie ([Na+] plasmatique < 120 mmol/L et/ou chute très rapide de la natrémie) se manifestent principalement, d’un point de vue clinique, par une dysfonction neurologique due à un œdème cérébral : céphalée, léthargie, convulsions, troubles de la vigilance, confusion, agitation pouvant aller jusqu’au coma, voire être fatals. Des signes précoces à type de sensation de malaise, de nausées peuvent être observés lorsque la natrémie est comprise entre 125 mmol/L et 130 mmol/L. Cependant, une hyponatrémie reste souvent asymptomatique, notamment chez les patients présentant une forme chronique, et ne manifeste qu’au stade des complications.

 

En cas de suspicion de SIADH, les premiers examens biologiques à réaliser en plus de la natrémie sont la natriurèse (qui sera conservée), l’osmolarité plasmatique (qui sera diminuée) et l’osmolarité urinaire (qui sera supérieure à l’osmoralité plasmatique). Un dosage d’ADH est également possible.

 

Une revue récente démontre que l’hyponatrémie compliquant les traitements par neuroleptiques (atypiques ou non) est un effet indésirable probablement sous-estimé3. Le délai de survenue de cette hyponatrémie est très variable, allant d’un jour à plusieurs années après l’initiation du traitement. Les femmes sont autant touchées que les hommes. Il ne semble pas que cet effet indésirable soit dose-dépendant. A noter qu’il est difficile de distinguer la contribution des médicaments antipsychotiques dans un contexte de possible polydypsie ou potomanie associée, en l’absence d’épreuve de restriction hydrique.

 

Ainsi, face à une hyponatrémie inexpliquée chez un patient psychotique, qu’elle soit compliquée ou non, il est important d’évoquer une possible origine médicamenteuse.

 

1.      Jacob S., Spinler S. Hyponatremia Associated with Selective Serotonin-Reuptake Inhibitors in Older Adults. Ann Pharmacother 2006;40:1618-22.

2.      Heng A., Lautrette A., Deteix P., Souweine B. Syndrome de sécrétion inappropriée d’hormone antidiurétique : diagnostic et prise en charge. Réanimation 2006 ;15 :490-6.

3.      Meulendijks D., Mannesse C., Jansen P., Van Marum R., Egberts T. Antipsychotic-induced hyponatremia: A systematic review of the published evidence. Drug Saf 2010;33:101-14.


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