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NICORANDIL ET ULCERATIONS

Par crpv1Dernière modification 28/09/2011 10:24

Le nicorandil (IKOREL® ; ADANCOR®) est un ester du nicotinamide qui associe un activateur des canaux potassiques, avec effet vasodilatateur, à un groupement nitré donneur de NO.

Le nicorandil est indiqué dans le traitement prophylactique de la crise d’angor d’effort en monothérapie ou en association à d’autres anti-angineux. Ce n’est pas un traitement de première intention.

Commercialisé en France en 1994, le premier cas publié d’ulcération buccale en relation probable avec le nicorandil date de 1997 (1) et la première description d’ulcération anale de 2002 (2).

Aujourd’hui on sait que le nicorandil peut induire des ulcérations, simples ou multiples, dont les localisations sont extrêmement variées : orale, anale, périanale, vulvaire, périvulvaire, vaginale, pénienne, gastro-intestinale, colique, péristomale, cutanée et oculaire. Toute tentative chirurgicale est vouée à l’échec alors que l’arrêt du traitement entraîne, en quelques jours à quelques mois, la disparition totale des lésions. La substitution du nicorandil par un dérivé nitré classique a déjà été effectuée sans problème particulier.

Les équipes de pharmacologie clinique et de dermatologie du CHU de Nancy à l’origine de la première publication, ont proposé pour ces ulcérations iatrogéniques une hypothèse physiopathologique qui tient compte du métabolisme particulier du nicorandil (3-4). En effet, son catabolisme hépatique donne naissance à un dérivé inactif qui, après réduction de sa chaîne latérale, libère de l’acide nicotinique et du nicotinamide, qui intègrent le pool saturable du NAD/NADP. En cas de posologie trop importante de nicorandil, ou suite à une augmentation de sa posologie, l’acide nicotinique et le nicotinamide pourraient être amenés à se distribuer dans l’organisme en dehors de ce pool.

L’acide nicotinique (pKa = 4,9), en excès dans l’ensemble de l’organisme, pénètrerait ainsi dans des zones lésionnelles pré-existantes voire en phase de cicatrisation et provoquerait ainsi l’ulcère. Quant au nicotinamide, il favoriserait la prolifération épithéliale des zones lésionnelles par augmentation du flux sanguin dans les tissus situés en bordure de la cicatrice. Cette hypothèse de lésion « chimique » est renforcée par les caractéristiques particulières de ces ulcérations : profondes, à bord net et fond propre, sans œdème, douloureuses, persistantes, s’aggravant progressivement, conduisant parfois à la formation de fistules, enfin histologiquement non spécifiques.

 

REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES

 1. Reichert S, Antunes A, Trechot P et al.
Major aphthous stomatitis induced by nicorandil.
Eur J Dermatol 1997 ; 7 : 132-3.

2. Watson A, Al-ozairi O, Fraser A et al.
Nicorandil associated anal ulceration.
Lancet 2002 ; 360 : 546-7.

3. Trechot P, Barbaud A, Petitpain N et al.
Nicorandil and ulcerations : a NAD/NADP and nicotinic acid-dependant side effect ?
Br J Dermatol 2008 ; 158 : 1150-1.

4. Trechot P, Claeys A, Petitpain N et al.
Nicorandil and ulcerations : the Trojan horse ?
J Eur Acad Dermatol Venereol 2011. (A paraître)


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