Outils personnels
Vous êtes ici : Accueil Actualités Tocilizumab et éruption psoriasiforme
Navigation
Se connecter


Mot de passe oublié ?
 
Actions sur le document

Tocilizumab et éruption psoriasiforme

Par crpv1Dernière modification 18/04/2014 10:21

Un effet paradoxal !

Commercialisé en France depuis 2009 sous le nom de ROACTEMRA®, le tocilizumab (TCZ) est un anticorps humanisé dirigé contre le récepteur de l’interleukine-6 (IL-6) indiqué dans le traitement de la polyarthrite rhumatoïde active modérée à sévère, la maladie de Still de l’adulte, l’arthrite juvénile idiopathique systémique, la maladie de Castleman et la maladie de Horton.

Il s’agit d’une biothérapie qui vient en 2ème ligne après échec des traitements conventionnels ou des biothérapies dirigées contre le TNF alpha (anti-TNF alpha).

Les anti-TNF sont connus pour être à l’origine de réactions paradoxales à type d’éruption psoriasiforme, de lupus, de sarcoïdose. Il semblerait que le TCZ soit aussi à l’origine de réactions paradoxales.

Sparsa et al. (1) rapportent le cas d’une patiente de 47 ans souffrant d’un rhumatisme psoriasique, qui a présenté après 4 perfusions d’infliximab, une éruption palmo-plantaire de type psoriasiforme avec, quelques temps plus tard, récidive identique 6 semaines après le début de TCZ 8mg/kg.
Trois cas d’éruption psoriasiforme avaient précédemment été rapportés avec TCZ dans la littérature, dans un délai de 10 jours à 9 semaines après la première perfusion.

Sachant que le psoriasis est associé à des taux élevés d’IL-6 au niveau des lésions, ces éruptions s’apparentent ainsi à un effet paradoxal du TCZ et s’expliquent tout aussi difficilement que celles observées avec les anti-TNF. Plusieurs hypothèses sont avancées, basées sur une interaction avec des agents infectieux, l’activation de certains lymphocytes (lymphocytes Th17 producteurs d’IL 17), l’inhibition des lymphocytes T régulateurs et/ou une « modulation cytokinique ».

Sans remettre en cause le rapport bénéfice/risque du TCZ dans ses indications, ces réactions paradoxales présentent un double intérêt : d’une part, elles permettent de mieux comprendre le mécanisme d’action complexe des biothérapies, et d’autre part, de compléter les connaissances sur les mécanismes physiopathologiques des réactions observées.

Donc aucune hésitation, pensez à déclarer à votre Centre de Pharmacovigilance toute réaction qui parait anormale au cours d’un traitement, y compris les réactions les plus inattendues !

 (1) Sparsa L et al. Réactions cutanées paradoxales sous traitement par tocilizumab. La Revue de médecine interne, 2014. doi: 10.1016


Réalisé avec le CMS Plone, le système de gestion de contenu Open Source

Ce site respecte les normes suivantes :